En douze ans, la dette publique française est passée de 96,2 % à 115,7 % du PIB. Et si nous posions enfin la question de la réduction de nos dépenses publiques ?En 2014, notre déficit représentait 4,6 % du PIB. Il était revenu à 2,4 % en 2019, avant de remonter à 5,1 % en 2025.
Les crises successives expliquent une partie de cette trajectoire. Mais elles ne peuvent justifier que nous renoncions à engager une réforme structurelle de la dépense publique.
Car le problème n’est pas seulement de maîtriser les dépenses.
C’est d’accepter de les réduire là où elles ne produisent pas suffisamment de valeur pour la collectivité.Et certainement pas en affaiblissant davantage nos services publics essentiels : la santé, l’éducation, la sécurité, la défense. Ces missions ont besoin de moyens, mais aussi d’efficacité.
Regardons plutôt l’organisation même de notre État.
En 2025, une commission d’enquête du Sénat recensait 103 agences, 434 opérateurs et 317 organismes consultatifs. Les financements des opérateurs représentaient environ 80 milliards d’euros en 2024.
Bien sûr, toutes ces structures ne sont pas inutiles. Mais combien de missions se chevauchent ? Combien de coûts administratifs pourraient être évités ? Combien de structures ont fait l’objet d’une véritable évaluation de leur utilité ?
Réformer l’État, ce n’est pas seulement lui demander de dépenser moins. C’est décider de ce qu’il doit continuer à faire, mieux faire, ou cesser de faire.Et les économies réalisées devraient aussi nous permettre de retrouver des capacités d’investissement dans notre industrie, nos savoir-faire, notre souveraineté et notre croissance.
Car la dette publique n’est pas seulement un problème comptable. Elle réduit progressivement notre liberté de décision.
La question n’est donc plus seulement de savoir comment financer nos dépenses. Mais quelles dépenses nous voulons encore financer, et pourquoi.Sources : INSEE, comptes des administrations publiques 2014–2025 ; Sénat, commission d’enquête sur les agences, opérateurs et organismes consultatifs de l’État, rapport n° 807, juillet 2025.